vendredi 11 juin 2010

Antidépresseurs : mensonges sur ordonnance

C'est le titre d'un livre que je viens de finir.
Edifiant. J'étais déjà plutôt contre ces trucs là, ou disons pas très pour. Mais là...

Il ressort de ce livre que les anti-dépresseurs sont avant tout une invention des industries pharmaceutiques pour gagner de l'argent. Et qu'avec l'aide de psychiatres et autres personnes bien payées, ils ont peu à peu développé en nous la croyance que le moindre mal être, la moindre baisse d'énergie de nos vies était dus et soignables par anti-dépresseurs.

Des médicaments qui ont été mal testés, dont les effets secondaires ont été minimisés. Des médicaments qui ne guérissent pas. Qui peuvent au mieux soigner les symptômes. Et encore, la preuve a été faite plus d'une fois que les placébos sont aussi, voire plus efficace que les anti-dépresseurs.

Par contre, les effets secondaires ne sont plus à prouver. Ni la dépendance, bien que celle-ci ait été niée pendant de nombreuses années. Il y a des milliers de gens qui vont en prendre pendant des années parce que le sevrage est trop difficile ou parce que les médecins vont continuer à leur en prescrire.
Et ceux qui vont réussir le sevrage vont se retrouver dans le même état après qu'avant. Et du coup préfèreront en reprendre plutôt que de subir leur douleur.

Je suis passée par cet étape là dans ma recherche d'un mieux être. Deux fois dans ma vie j'ai eu l'occasion, pour des durées courtes de deux-trois mois à chaque fois et à 10 ans d'écart, de prendre des anti-dépresseurs. J'ai vraiment eu un coup au coeur en lisant qu'un jeune, déprimé mais non dépressif, s'est suicidé quelques jours après avoir pris le médicament que j'avais moi même pris !

L'auteur, Guy Hugnet, ne donne pas de solution miracle. Il évoque les psy (chiatres, chanalystes, chologues) mais plutôt pour démonter leurs méthodes, trop longues, trop nombrilistes.
La seule qu'il évoque, un peu trop brièvement à mon goût, c'est la philosophie. Passer par la sagesse des Anciens pour répondre aux questions auxquelles ils ont déjà trouvé réponse.

J'avoue n'avoir jamais songé à ce biais là. Et j'ai, du coup, entamé un livre sur le sujet (acheté il y a des mois et jamais lu). Cette voie me semble à creuser mais je lui reproche d'être un peu élitiste. Tout le monde n'est pas en mesure de lire de la philosophie pour résoudre ses problèmes de mal être. Alors qu'il y a d'excellentes méthodes de développement personnel et de très bons spécialistes qui ont écrits d'excellents livres.
Il suffit de trouver ce qui nous correspond. Cette quête peut être longue et malheureusement pour beaucoup de gens il est toujours plus simple d'avaler des pillules.

5 bafouilles:

  1. Le doute sur le bon usage des antidépresseurs s'exprime de plus en plus largement, et je suis bien d'accord. Là où je mettrais un bémol, c'est sur le rôle les psys, car leur intervention peut justement permettre d'éviter ces usages longs et addictogènes. Même si (j'ai pas lu ce livre) ils contribuent certainement aussi aux excès.
    D'ailleurs il semblerait que les médecins généralistes en prescrivent plus, et pourquoi? Parce qu'ils n'ont pas le temps d'écouter et que s'il suggèrent aux gens de voir un psy: "Mais je ne suis pas fou!" Andouille, c'est justement pour ne pas le devenir...
    Preuve de l'absurdité de notre façon de voir: pour certaines garanties les assurances demandent au client d'attester n'être PAS en traitement psychiatrique. Autrement dit, tu peux être malade, mais faut pas te soigner!
    Oui, la philo: intéressante et méconnue. A creuser.
    Quant au développement personnel, il me semble qu'il y a trop d'offre et qu'on ne s'y retrouve pas: comment choisir la bonne méthode? Sans compter les risques de dérives et d'exploitation des personnes fragiles par des gros malins.
    Mom

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  2. Il s'avère (d'après ce livre) que 95% des anti-dépresseurs sont prescrits par des généralistes.

    Parce qu'on leur a fait croire que ça soignait, que c'était le top et qu'il n'y avait que ça pour aider.

    Quant aux psy, bien sûr ils ne sont pas tous vendus aux industries pharmaceutiques (heureusement). Mais c'est par les psy que les industries ont fait connaître leurs produits. Les psy ont dit aux généralistes : vos patients sont dans le gaz, ont les nerfs à plats, se remettent mal de leur rupture ou de leur dernière déclaration d'impôts, alors il faut leur donner des anti-dépresseurs. Et eux ils ont fait, en toute bonne foi.

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  3. je tempère un peu sur le sujet.

    Parce qu'ayant un passif plutot chargé, non pas en antidépresseurs, mais en dépression oui.

    j'ai été suivi, plus ou moins heureusement, selon les cas, selon mon humeur du moment, selon ce qui correspondait le mieux à mon état.

    Psychothérapeute essentiellement, généraliste les premiers, et heureusement, les deux généralistes qui m'ont suivi, ont été remarquables.

    Le premier a su montrer du recul face à une nana paumée et pleurant sans arrêt, la deuxième est juste humaine et à l'écoute comme on voudrait que tout le monde le soit.

    J'ai donc eu : suivi psy + anxyolitiques (crises d'angoisses en plus de la dépression) arretés naturellement, comme ça... au fil du temps.

    lorsque mon psychiatre, consulté car ma deuxième dépression s'installait, me propose des antidépresseurs, c'est panique à bord. Niet. Que d'alle... Je veux pas, et je vais mieux juste par peur d'avoir à en prendre (l'image diabolique du truc à effets secondaires affreux, qui rend accro jusqu'à la fin de sa vie... etc...)

    plusieurs mois après, rebelotte... je tente, me retrouve sur mon canapé de salon comme un zombie, et me dit : RE-NIET !!

    Je consulte une sophrologue/psychologue accroche bien avec elle, mais si la surface va mieux, je gère mieux mon stress, bénéficie des exercices simples de relaxation etc.... j'en viens à arriver chez elle (pas du tout pousse aux médocs au contraire.. ) paniquée, en pleurs, parce que cette fois ma généraliste m'a suggéré des AD....

    et là, stupeur, devant mon état, elle aussi me conseille les AD

    après reflexion, discussion multiple avec le conjoint, la famille, les amis, des amis qui sont passés par les AD...

    je dis OK, je tente.

    Et là, bizarre : pas d'effets secondaires du tout, je retrouve l'énergie et l'envie de faire des petites choses, m'énerve moins.. tout en restant... la chieuse que je suis...

    alors bon... c'est à donner avec mesure et beaucoup de suivi et d'encadrement... mais d'ici à généraliser ou à diaboliser à mort... je dis juste que ça peut parfois aider quoi....

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  4. Bien d'accord avec toi Aude (je me permets de te tutoyer, paske les amis de ma fille et des chats etc...) Le problème de nous autres (occidentaux) est dans l'excès en toute chose: soit on adore, soit on condamne, tout en bloc, sans peser le pour et le contre. C'est tellement plus facile.
    Je suis passée aussi par des étapes difficiles où la médecine m'a aidée, mais j'admets volontiers que le meilleur toubib ne fait que ce qu'il peut (tant de choses leur échappent...) et je ne les considère pas comme des demi-dieux! Mon souci en matière de psychothérapie serait plutôt: comment trouver le bon? Un peu comme toi, j'ai eu de la chance, ou mon généraliste m'a bien conseillée, ou les deux.
    Alors en effet, restons modestes. Rien ni personne n'est entièrement noir ou blanc. D'ailleurs la médecine elle-même revient régulièrement sur ses certitudes d'avant...

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  5. Je suis d'accord avec vous : rien n'est tout blanc, ni tout noir.
    Je suis passée par les AD moi aussi, deux fois, à 9 ans d'intervalle. Ca m'a aidée, parce que j'ai fait un travail sur moi à côté. Mais le principe "les AD guérissent" là je dis non, non et renon. Les AD aident à aller assez mieux pour entamer le parcours qui va résoudre les problèmes profonds.

    Mais il y a des gens (et j'en connais et je ne les en blâme pas parce qu'ils font ce qu'ils peuvent) qui prennent des AD à vie parce qu'ils ne trouvent pas la force de faire le travail ou parce qu'à chaque fois qu'ils tentent d'arrêter, les effets secondaires du sevrage sont intolérables.

    C'est là que ça m'inquiète et que je voudrais avoir la force ou la solution pour les aider. Mais il faut trouver sa solution, celle qui correspond à son problème à soi.

    Il n'y a pas de solution miracle, hélas

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